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Le Conseil de presse du Québec- décisions concernant la question linguistique ou autres enjeux identitaires-Bonhomme Carnaval

Marc Ryan

Le Conseil de presse du Québec- décisions concernant la question linguistique ou autres enjeux identitaires-Bonhomme Carnaval

Le Conseil de presse du Québec  est une institution unique au Canada. C'est un organisme d'auto-réglementation indépendant  qui œuvre à la protection de la liberté de la presse et à la défense du droit du public à une information de qualité. Il donne son avis à travers ses décisions disciplinaires, en matière de déontologie journalistique.

Tout citoyen peut porter plainte au Conseil lorsqu’il estime qu’un journaliste ou un média n’a pas respecté les principes de déontologie en matière d’information. À travers ses décisions disciplinaires c'est souvent la seule façon de vérifier l'impartialité des médias écrits en matière linguistique et autres enjeux identitaires.

Notre site examinera régulièrement ses décisions.

La première décision que nous avons retenue a fait couler beaucoup d'encre et a été assimilé par certains à du Quebec-bashing (voir  Corruption-la manchette de Maclean's fait sursauter au Québec 2010 Les Affaires). Elle a été rendu en 2011 (la plainte a été déposé à l'origine par Gilles Rhéaume contre M. Martin Patriquin, journaliste; M. Andrew Coyne, journaliste; M. Kenneth Whyte, rédacteur en chef et le magazine Maclean’s. Les textes reprochés (Voir Quebec- The most corrupt province 2010 Martin Patriquin MacLeans ... et What lies beneath Quebec’s scandals 2010 Andrew Coyne MacLeans ):

seraient semeurs de préjugés, de racisme et de discrimination contre la nation du Québec. La même revue publie sur sa page couverture une image du Bonhomme Carnaval travesti en bandit de grand chemin, une attaque à un symbole national québécois, selon le plaignant...Le plaignant dénonce le titre de l’article du journaliste M. Martin Patriquin, « The most corrupt province – Why does Quebec claim so many of the nation’s potitical scandals? » Même si M. Rhéaume reconnaît que la corruption politique au Québec atteint des niveaux inégalés, rien ne prouve que la province de Québec soit celle qui détient le record en cette matière...De la même façon, l’article de M. Andrew Coyne, laissant sous-entendre que les Québécois sont porteurs d’une tradition culturelle favorisant la corruption, tiendrait du mauvais journalisme et du racisme.

Le Décision D2010-09-027 est à l'effet que:

Après analyse, le Conseil constate que M. Patriquin s’est limité à recueillir plusieurs points de vue rapportant l’existence d’une série de cas de corruption au Québec, mais n’a jamais démontré le fait que le Québec serait la province la plus corrompue au Canada...la majorité des membres du Conseil (4/7) constate que le chroniqueur, en plus d’émettre son opinion et ses explications sur le phénomène de la corruption au Québec, présente notamment deux « faits » qui le guident dans son analyse. Dans un premier temps, il reprend à son compte, sans jamais le démontrer, lui non plus, l’affirmation selon laquelle le Québec possède le record de corruption, en écrivant que dans aucune autre province la corruption ne paraît aussi inévitable : « But in no other province does it feel quite so… inevitable ». Le Conseil juge qu’il commet ici la même faute que son confrère, M. Patriquin...il retient à l’unanimité (7/7) les griefs pour manque de rigueur journalistique et expression de préjugés contre la direction du magazine Maclean’s pour avoir coiffer la une du magazine et l’article de M. Patriquin d’un titre affirmatif (The most corrupt province) laissant croire à une analyse comparative alors que l’affirmation n’est jamais démontrée et que l’article porte plutôt sur des perceptions.

Pour son manque de collaboration, en ne répondant pas à la présente plainte, le Conseil de presse a exprimé un blâme à l'endroit du magazine Maclean’s. Malgré ce blame, MacLeans continue de publier ces textes sur leur site internet.

Ironiquement, le conseil n'a pas retenu la partie plus connue de plainte concernant l'usage de l’image du Bonhomme Carnaval sur la page couverture de la revue, jugeant qu'il n'y avait pas d'atteinte à l’image. Cependant, il faut croire que MacLeans a senti la soupe chaude et a publié (et continue toujours de publier) le texte de clarification suivant à la fin des deux textes d'origine :

CLARIFICATION: The cover of last week’s magazine, with the headline “The Most Corrupt Province in Canada,” featured a photo-illustrated editorial cartoon depicting Bonhomme Carnaval carrying a briefcase stuffed with money. The cover has been criticized by representatives of the Carnaval de Québec, of which Bonhomme is a symbol.

While Maclean’s recognizes that Bonhomme is a symbol of the Carnaval, the character is also more widely recognized as a symbol of the province of Quebec. We used Bonhomme as a means of illustrating a story about the province’s political culture, and did not intend to disparage the Carnaval in any way. Maclean’s is a great supporter of both the Carnaval and of Quebec tourism. Our coverage of political issues in the province will do nothing to diminish that support.



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Marc Ryan

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